Éduquer ou périrRecherche indépendante pour une société de connaissances
Notre raison d'être, telle que nous l'énoncions en fondant l'association et telle qu'elle nous engage encore.
Ishango a été rendu public en octobre 2018. L'association s'est présentée dans les termes suivants :
Ishango est une association mise en place à l'initiative de quelques intellectuels congolais. Il s'agit d'un Think Tank dont l'objectif principal est de promouvoir l'émergence d'une Société de Connaissances en RDC comme réponse à la problématique du sous-développement, dans un monde en profonde mutation.
Cette initiative vise aussi à contribuer à l'édification d'une société d'excellence dans tous les domaines de la vie nationale ainsi qu'à établir une communauté d'idées et d'intelligences au sein de l'élite congolaise et sa jeunesse en particulier, autour de l'élaboration d'un projet consensuel sur le futur collectif. Cela, au-delà de tout clivage politique.
La dernière proposition n'est pas une précaution de style. Une communauté d'idées qui se constituerait sur une ligne politique serait un parti ; ce que l'association se propose de construire est un lieu où la qualité d'un argument ne dépend pas de celui qui le tient.
La méthode que l'association s'est donnée, et les contraintes de travail qu'elle impose.
L'association a énoncé sa méthode dans le même entretien.
La RDC ambitionne légitimement de devenir un pays émergent dans un horizon temporel raisonnable. Nous sommes conscients du fait que le progrès économique et social n'est pas le fruit d'une génération spontanée, mais plutôt la résultante d'une action minutieusement pensée et calculée à l'avance. En cela, la pensée doit précéder l'action, de même que le projet doit précéder le chantier.
Nous sommes convaincus que l'analyse pointue, la discussion éclairée, la réflexion constante et la démarche intellectuelle rigoureuse, génèrent des effets durables sur le public et ses institutions, tout en constituant un socle intellectuel indispensable au progrès.
Prise au sérieux, la phrase « le projet doit précéder le chantier » impose des contraintes de travail dont la première est temporelle : elle interdit de commenter l'actualité, puisque commenter, c'est arriver après. Un travail qui prétend précéder la décision doit être publié avant qu'elle ne soit prise, sur des sujets dont on ne sait pas encore s'ils feront l'actualité.
La deuxième contrainte est méthodologique. Une analyse ne vaut que par ce qu'on peut en vérifier : ses sources, son périmètre, ses hypothèses. Les publications d'Ishango portent donc leur appareil, y compris lorsqu'il alourdit le texte, et signalent une hypothèse comme une hypothèse.
La troisième est la plus exigeante : accepter que le travail ne serve parfois à rien d'autre qu'à écarter une mauvaise option. Une note qui empêche une dépense inutile ne laisse aucune trace visible. C'est pourtant ce qu'un travail d'anticipation produit de plus utile.
2018
Association rendue publique en octobre 2018
07
Des questions tenues ouvertes sur plusieurs années
54
Analyses, notes de politique, rapports et tribunes
04
Les Éditions Ishango
Octobre 2018
Ishango expose son objet dans un entretien accordé au média économique Zoom Eco, le 28 octobre 2018.
10 novembre 2018
15 juin 2019
21 août 2019
30 août 2019
6 septembre 2019
9 septembre 2019
6 mars 2020
9 novembre 2020
24 décembre 2020
26 décembre 2020
5 février 2022
26 février 2022
L'association porte le nom d'un site archéologique et d'un objet — les deux se trouvent en République démocratique du Congo, et l'objet, lui, se trouve à Bruxelles.
En 1950, le géologue belge Jean de Heinzelin de Braucourt met au jour, sur le site d'Ishango, au bord du lac Édouard près de la Semliki, à la frontière actuelle entre la République démocratique du Congo et l'Ouganda, un fragment d'os long portant des encoches gravées.
L'objet est daté d'environ vingt mille ans. Il porte cent soixante-huit encoches, réparties en trois colonnes distinctes, et se termine par un éclat de quartz enchâssé.
Une colonne a retenu l'attention plus que les autres : ses groupes alignent 11, 13, 17 et 19 — soit tous les nombres premiers compris entre 10 et 20, et eux seuls.
Olivier Keller met en garde contre le risque central de ce dossier : projeter sur un artefact paléolithique notre perception moderne du nombre. Lire des nombres premiers dans une suite d'encoches suppose déjà que le graveur disposait de la notion de nombre premier — ce qui est précisément ce qu'il faudrait établir.
Nous exposons cette controverse plutôt que de la taire. Un objet dont on force la lecture cesse d'être une source pour devenir une illustration, et une institution qui fonde son nom sur une illustration se prive du droit d'exiger des autres de la rigueur.
Les os sont conservés à l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, à Bruxelles. En novembre 2021, l'Institut congolais pour la conservation de la nature a engagé une démarche en vue de leur rapatriement.
La question dépasse le sort d'un objet. Un patrimoine scientifique conservé hors de son pays d'origine reste étudiable, mais il cesse d'être transmissible — ni aux étudiants, ni au public, ni aux chercheurs qui n'ont pas les moyens du déplacement.
Interrogée sur le choix de ce nom, l'association a répondu ceci, et la prudence de la formule est délibérée :
Dans les années 1950, l'expédition du géologue belge Jean de Heinzelin exhume au bord du lac Édouard deux bouts d'os scarifiés connus sous le nom de "bâtons d'Ishango". Datés de près de 20 000 ans, ils seraient les vestiges des premiers balbutiements des mathématiques dans l'histoire de l'humanité. Dans le cas où cette hypothèse est validée, ce serait une grande fierté pour nous de nous identifier à cet héritage intellectuel.
« Dans le cas où cette hypothèse est validée » : la filiation est conditionnelle. C'est ce qui la rend tenable, et c'est aussi la raison pour laquelle les trois colonnes d'encoches traversent toute la signalétique de cette maison — non comme une preuve, mais comme une question qu'on n'a pas refermée.
Les membres du bureau, les chercheurs et le conseil scientifique de l'association.

Économiste. Doctorant en sciences économiques à l'Université protestante au Congo, il y est chargé de planification au Laboratoire d'analyse-recherche en économie quantitative (LAREQ) et signe des analyses de conjoncture dans la presse économique congolaise. Il compte parmi les fondateurs d'Ishango. Il ouvre notre cycle de conférences le 10 novembre 2018 par une intervention sur l'économie de la connaissance, et revient le 15 juin 2019 sur la guerre des intelligences. Il conduit les ateliers consacrés au Prince de Machiavel, puis à la genèse du pacte social, et cosigne les actes qui en sont…

Juriste, politologue et économiste. Diplômé en droit de l'Université de Kinshasa, en sciences économiques de l'Université protestante au Congo et en sciences politiques de l'Université pédagogique nationale, où il a enseigné comme assistant, il exerce comme avocat et a été rapporteur de l'Assemblée provinciale de Kinshasa. Il publie en 2021, chez L'Harmattan, Droit et économie des finances publiques en République démocratique du Congo, préfacé par Jean-François Boudet. Nommé en février 2023 directeur général adjoint chargé des questions techniques et des réformes à la Direction générale du…

Économiste. Docteur en sciences économiques de l'Université du Québec à Montréal, il enseigne les mathématiques, l'économétrie et la modélisation d'équilibre général à l'Université protestante au Congo, dont il dirige le département des sciences économiques depuis 2025 ; il dirige également le Centre interuniversitaire de recherche en économie mathématique (CIREM). Il fonde en 2012 le Laboratoire d'analyse-recherche en économie quantitative (LAREQ), qui rassemble des chercheurs de trois universités de Kinshasa autour de la modélisation macroéconomique. Ses travaux portent sur la…
Économiste. Au service de l'État congolais depuis 2019, il contribue à l'élaboration du document de politique et des stratégies industrielles de la République démocratique du Congo et coordonne les travaux qui conduisent à la création du Conseil congolais de la batterie. Il en est nommé directeur général adjoint par ordonnance présidentielle en février 2023. Il conduit également la délégation congolaise dans les négociations avec la Zambie sur la chaîne de valeur des batteries et des véhicules électriques.
Il prend part à la conférence Ishango du 26 décembre 2020, consacrée à la présentation du Prince de Machiavel. Il meurt quelques semaines plus tard. Le 20 janvier 2021, nous avons rendu hommage à sa mémoire en diffusant un extrait de son intervention.
Ishango est une association sans but lucratif, un think tank dont l'objectif principal est de promouvoir l'émergence d'une société de connaissances en République démocratique du Congo. L'association a été rendue publique en octobre 2018.
Éduquer ou périr